Pandore, entre Espoir et Espérance


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Dimanche 13 Février  2022

de 9h30' à 11h30'

Participation : 2€ minimum, toute autre contribution sera reçue avec Gratitude !

Quelle est la différence entre l'espoir et l'espérance ?

Comment définir ces deux termes sur les plans philosophique et spirituel ? Nous Tenterons ensemble de les interpréter.

Ensuite par une méditation guidée, vous irez à la rencontre du Sorcier, propriétaire  d'une petite boutique appelée "le coffre aux trésors"... pour recevoir votre cadeau...



Mythe de Pandore, celle qui est parée de tous les dons,

Lorsque Zeus créa le monde, seuls les hommes peuplaient la Terre. Ils étaient protégés par Prométhée, un Titan farouchement opposé au pouvoir suprême du père des dieux. Dans la guerre qui opposait Zeus aux Titans, le rusé Prométhée parvint à dérober le feu aux divinités de l'Olympe et le donna aussitôt aux hommes. C'est ainsi qu'il subit le terrible châtiment qui l'enchaînait au Caucase.

Mais Zeus ne pouvait en rester là et voulut se venger des êtres humains en leur offrant le plus bel objet de leur désir, afin de leur inspirer passions et tourments. Il créa la première femme, aussi fascinante que capricieuse.

Pandora ou Pandore (celle qui a tous les dons), c'était son nom, fut façonnée à partir de l'argile. Zeus dut demander à Héphaïstos de l'aider, et ils mirent au jour la créature la plus parfaite au monde. Ainsi, après des jours et des jours de labeur, les dieux, impatients, se pressèrent pour admirer enfin la ravissante jeune femme. Zeus avait intimé l'ordre à Athéna de lui insuffler la vie, et Pandore s'anima, gracieuse et sublime.

Mais elle ne pouvait se présenter ainsi aux hommes, et la déesse dut dissimuler sa nudité sous un voile vermeil et étincelant, alors qu'Aphrodite la parait de somptueux atours et donnait à ses traits le privilège de la beauté, auquel nul être ne saurait résister.
Tous les dieux ajoutèrent à la nouvelle égérie un de leurs agréments pour atteindre à la perfection. Ainsi douée de tous les talents, elle excellait aussi dans l'art du mensonge, telle que l'avait voulu Hermès.

Zeus n'était que trop fier de son admirable créature dont la tendresse n'avait pas d'égal, et il décida de la présenter à l'homme. Or, Prométhée avait un frère, Épiméthée, connu pour être quelque peu déraisonnable. Zeus décida de lui offrir la main de la douce Pandore. À sa vue, Épiméthée fut aussitôt envoûté par le charme de cette créature. Un sentiment jusque-là inconnu l'étreignit. L'éclat du regard de la jeune femme suffisait à inspirer la passion et l'émerveillement. Elle était si somptueuse qu'il en oublia la promesse faite à son frère : il avait fait le serment à Prométhée de ne jamais accepter de présents provenant de Zeus. Mais il avait été foudroyé par l'amour et aurait donné sa vie pour passer le restant de ses jours auprès de la belle Pandore, qu'il gardait alors jalousement près de lui, loin des regards envieux des autres hommes, s'évertuant à satisfaire le moindre de ses désirs.

Avant d'envoyer Pandore sur Terre, les dieux lui avaient remis un coffre, sans lui dire ce qu'elle contenait, et ils lui ordonnèrent de ne jamais l'ouvrir. Aux côtés de son époux, Pandore jouissait de la vie et savourait son bonheur. Elle avait dissimulé un coffre des dieux, mais ses regards intrigués se portaient souvent sur lui, et comme celui-ci n'avait pas de serrure, il lui était difficile de réprimer son désir de connaître son contenu.
Elle passait et repassait devant le coffre sans oser y porter la main, attirée par l'envie de lui ôter son couvercle, mais aussitôt arrêtée par le souvenir de l'interdiction formelle des dieux. Un jour, n'y tenant plus, elle s'approcha irrésistiblement du coffre et piquée par une trop vive curiosité, Pandore sentit grincer le délicat objet sous sa main.

À peine eut-elle entrouvert la mystérieux coffre, que s'échappèrent tous les maux de l'humanité que Zeus avait privé de voix afin que nul ne puisse les reconnaître , s'échappèrent :

  • la guerre, la maladie, le vice, la vieillesse, la famine, la folie, la perfidie, la misère la vice, la tromperie, la passion, l'orgueil ainsi que l'espérance et tant d'autres fléaux encore se répandirent.

Figée par l'effroi, consciente de son impardonnable faute (la curiosité), Pandore se décida à refermer le funeste coffre, mais en vain, car tout s'était envolé...

Le cœur de Pandore était lourd de regret...

Cependant, du fond du coffre sortit comme un rayon de soleil en forme d'oiseau ; il se mit à voltiger autour de Pandore en gazouillant doucement : « Je suis l'Espérance ; je m'étais glissée au fond de la boite, je me glisserai aussi bien dans le cœur des hommes ».

Mais affolée, Pandore courut prendre un coffre et referma vivement le couvercle, sans laisser s'échapper l'espérance. 


Clin d'œil !

Pourquoi les gendarmes sont-ils parfois encore appelés pandores ?

Le langage populaire attribue encore parfois aux gendarmes le sobriquet de "Pandores". Si l'on a longtemps fait l'analogie entre ce surnom et la célèbre "boîte de Pandore", (jarre censée contenir tous les maux de l'humanité offerte en dot à Pandora littéralement "celle qui à tous les dons")  il semble établi aujourd'hui qu'il n'en est rien.

C'est à un illustre chansonnier du XIXe siècle, Gustave Nadaud, que nous le devons. En effet, la chanson qui l'a notamment rendu célèbre est (1857) interprétée par le chanteur et acteur comique Pierre Levassor, où il campa un gendarme obéissant à outrance, élevé dans la crainte de Dieu et de ses supérieurs, et incapable d'initiative ou d'idée personnelle. La figure de Pandore fut d'ailleurs surtout connue pour son propos invariablement prononcé avec un fort accent alsacien "brigadier vous avez raison !"(1).

Originaire de Roubaix et connaissant le Flamand, Nadaud se serait inspiré pour baptiser son personnage du terme néerlandais issu du hongrois, "pandoer" désignant un gendarme dans le royaume des Pays-Bas. Voilà l'origine du mot, et d'une longue tradition où il faut bien reconnaître, le gendarme n'eut pas toujours le plus beau rôle, comme d'ailleurs dans les spectacles de Guignol, créés à Lyon sous la Révolution.



CHANSON : Les deux gendarmes de Gustave Nadaud
Deux gendarmes un beau dimanche / Chevauchaient le long d'un sentier / L'un portant la sardine blanche
L'autre le jaune baudrier / Le premier dit d'un ton sonore :
- Le temps est beau pour la saison
- Brigadier, répondit Pandore / Brigadier, vous avez raison.
Phoebus au bout de sa carrière / Put encore les apercevoir / Le brigadier d'une voix claire / Troubla le silence du soir :
- Vois, dit-il, le soleil qui dore
Les nuages à l'horizon
- Brigadier, répondit Pandore
Brigadier, vous avez raison / Ah ! C'est un métier difficile / Garantir la propriété / Défendre les champs et la ville
Du vol et de l'iniquité / Pourtant l'épouse que j'adore / Repose seule à la maison
- Brigadier, répondit Pandore
Brigadier, vous avez raison
Il me souviens de ma jeunesse / Le temps passé ne revient pas / J'avais une folle maîtresse / Pleine de mérite et d'appâts / Mais le cœur, pourquoi je l'ignore / Aime à changer de garnison
- Brigadier, répondit Pandore
Brigadier, vous avez raison
La gloire, c'est une couronne / Faite de roses et de lauriers / J'ai servi Vénus et Bellone / Je suis époux et brigadier
Mais je poursuis ce météore / Qui vers Colchos guidait Jason
- Brigadier, répondit Pandore
Brigadier, vous avez raison
Puis ils rêvèrent en silence / On n'entendit plus que le pas / Des chevaux marchant en cadence / Le brigadier ne parlait pas / Mais quand revint le pâle aurore / On entendit un vague son :
- Brigadier, répondit Pandore
Brigadier, vous avez raison

La représentation du gendarme en chanson doit beaucoup aux legs structurants du XIXe siècle. Ainsi, les deux gendarmes de Nadaud constituent un canevas à partir duquel [se constitua] la plupart des stéréotypes gendarmiques. Si cette image est évolutive, puisque l'on passe d'un rustre de la contravention à un gendarme fripon, c'est en général la même rengaine qui sert de modèle à maintes variations. Tantôt tutélaire, tantôt ornementale, voire licencieuse, la représentation du gendarme en chanson reste humoristique. Il faut attendre le succès de Bourvil, juste après la Libération, avec le film "le Roi PANDORE" et sa chanson "la tactique du gendarme", pour que les figures de Nadaud perdent en pérennité et que d'autres lieux communs s'imposent. Surtout, la chanson populaire offre un bréviaire symbolique spécifique par rapport à la littérature et au cinéma. En raison de sa nature, la chanson se focalise sur la sphère affective et sexuelle de Pandore, renouvelant ainsi singulièrement le creuset des représentations de l'arme.