Wuji en Qi Gong

14/09/2021


La posture du Wuji est à la base du Qi Gong, elle consiste à retrouver "le vide primordial" en se tenant le plus possible immobile et en ne pensant plus à rien. Vide ne veut pas dire rien, inaction, car la nature du vide n'est pas inertie, état passif, mais au contraire éveil. Car cette posture permet en effet de prendre conscience de notre être réel.

Posture du WUJI

En position debout, 

  • les talons sont l'un contre l'autre et les pieds ouverts d'un angle de 45°, 
  • les genoux sont déverrouillés
  • mettre le sommet de la tête (Bai Hui) sur la même verticale que le point Hui Yin au périnée (entre le sexe et l'anus). 
  • le menton est légèrement rentré. 
  • le bassin est légèrement en avant. 
  • les bras pendent le long du corps.

Dans cette position il y a un minimum de muscles qui travaillent. ainsi l'effort à fournir pour la maintenir est moindre, il est donc possible de tenir ainsi aussi longtemps qu'on le désire sans fatigue. 

  • Contracter légèrement le périnée. 
  • ne pas mettre la langue au palais.
  • les yeux sont ouverts, le regard est en dessous de la ligne d'horizon 
  • et avoir un sourire intérieur... 

Se détendre. calmer l'esprit. faire le vide en soi. Ne plus penser à rien ; si des pensées viennent dans la tête, ne pas s'y accrocher, les laisser passer et se reconcentrer comme les nuages dans le ciel...

Cet exercice est bénéfique pour calmer l'esprit et prendre conscience de son corps. ce qui est primordial en matière de Qi Gong. 


La respiration descend ensuite dans le Dan Tian inférieur.

  • à partir de maintenant, prendre conscience de respirer et tenter de ne plus lâcher une seule seconde la sensation de respiration. On s'efforce avec douceur de respirer par le bas-ventre seulement, sans que les côtes s'écartent à l'inspiration, ou le moins possible.
  • allonger le souffle progressivement, à l'inspiration comme à l'expiration chaque temps est à peu près égal.
  • quand le souffle devient calme et régulier, conserver toujours la conscience de la respiration tout en recherchant à immobiliser complètement le corps autour de son axe vertical, du périnée au sommet de la tête.
  • tenter de trouver l'immobilité absolue, mais sans raideur, sans rigidité, un peu comme si le corps tout entier respirait l'énergie du monde.

Tout en maintenant la conscience de respirer, et la conscience de l'immobilité absolue, tenter alors de regarder loin devant soi, et garder le regard accommodé sur un point précis. Faire en sorte de ne plus cligner des paupières. On y parvient avec l'entraînement, en détendant son regard. Par exemple, on peut se représenter en train de regarder le reflet de son propre visage, ou celui d'un arbre, sur la surface sans ride d'un lac paisible. Ainsi le calme s'installe dans l'esprit. Occupé à surveiller tout le reste, il y a peu d'espace pour penser. Mais si des pensées surviennent, les laisser passer comme des nuages dans le ciel, où bien les regarder comme des poissons qui nagent dans un lac alors qu'on fixe le fond.

  • Maintenant seulement sourire. Laisser s'épanouir un large sourire sur son visage, sur les lèvres, sur les yeux. Ce sourire inonde tout votre corps. Dans le Tao, on dit que la conscience est toute joie. Alors, pour s'en approcher, le mieux est de sourire.
  • puis maintenir ce sourire pendant tout le Wuji, l'esprit est ainsi joyeux, mais il est aussi brillant; car la conscience se manifeste dans son essence universelle une omniprésence absolue. Pour tenter d'y parvenir, nous allons prendre conscience successivement de tout, et progressivement associer toutes ces sensations, une par une, pour rejoindre les autres afin d'être conscient de tout à la fois.
  • Vérifier la conscience de la respiration, de l'immobilité vivante du corps, de l'immobilité du regard sans ciller, du sourire intérieur.
  • Ajouter la perception de toutes les sensations de l'intérieur du corps, de confort ou d'inconfort...
  • Puis toutes les sensations de l'extérieur du corps : pesanteur du corps, température à la surface, déplacement de l'air.
  • Ajouter les perceptions des organes des sens...
  • ...perception des odeurs...
  • ...perception de tous les bruits, proches ou lointains, forts ou légers, sans en choisir un au détriment des autres...
  • ...perception visuelle, maintenir le regard accommodé sur un point fixe devant soi mais installer une vision panoramique pour prendre conscience de tout le champ visuel à 180°.
  • Prendre ensuite conscience de l'environnement immédiat, de la pièce dans laquelle nous pratiquons, ou du décor de nature dans lequel nous sommes, au-delà, de l'univers tout entier.
  • Quand toutes les étapes de Wuji ont été franchies, demeurer ainsi dans la quiétude du vide absolu, pendant cinq à dix minutes au minimum. 


    Quand le temps de la posture a été accompli, on termine par un geste appelé fermeture :

  • Lentement en écartant les bras, les paumes vers le ciel, inspirer, et embrasser l'énergie du ciel, ou énergie cosmique, au-dessus du sommet de la tête, de la zone du point d'acupuncture Baihui.

  • Puis en tournant les paumes des mains vers le sommet de la tête, faire descendre cette énergie cosmique pour la faire pénétrer par cette zone du sommet de la tête et remplir le corps tout entier comme une douche d'énergie subtile et lumineuse jusqu'à la plante des pieds en faisant descendre à la vitesse des mains qui passent devant le corps; puis replacer les bras le long du corps.
  • Quand on va chercher l'énergie cosmique, visualiser qu'on la capte au-delà de l'atmosphère terrestre, dans la source d'énergie la plus pure, puis la faire redescendre comme une cascade sur le sommet de la tête. Si on éprouve le besoin d'avaler sa salive, au cours de l'expiration, on l'avale en même temps que les mains s'abaissent vers le ventre en visualisant la salive qui va descendre jusqu'au Dan Tian et nourrir notre énergie vitale.


Wuji avant les mouvements

Pour les taoïstes qui enseignent le Wu Dang Qi Gong, il n'est pas pensable de commencer la série des 15 mouvements sans d'abord pratiquer Wuji quelques minutes. D'abord pour détendre le corps, ensuite pour calmer le mental, unifier l'esprit. 

Cette étape préalable va permettre de favoriser la circulation de l'énergie pendant les mouvements et aussi de mieux sentir cette circulation dans le corps. D'autre part, comme on l'a dit plus haut, Wuji est une posture statique et c'est donc l'occasion de renforcer et cultiver l'énergie vitale Jing, pour pouvoir mieux la faire circuler dans les méridiens et perméabiliser les voies du Qi. 

C'est pourquoi ce temps initial de Wuji est appelé : « la cueillette des herbes pour préparer l'élixir« , selon une métaphore qui compare le travail de Qi Gong interne à celui d'un alchimiste.


Wuji après les 15 mouvements

Quand on aborde l'étude des 15 mouvements, chacun d'eux se termine par une fermeture et on revient en Wuji quelques instants, avant de continuer par le mouvement suivant.

 Mais surtout, à la fin de la série de Wu Dang, quand on a tout terminé, il convient de revenir en Wuji et, comme au début, de rester un certain nombre de minutes.

 Le Wuji final sera une étape indispensable et sans doute la plus profitable après avoir terminé les 15 mouvements. C'est d'elle que dépend la réussite alchimique interne. En effet, une fois que toutes les étapes de cultiver le Jing, et de le faire circuler pour le transformer en Qi on été accomplies, l'étape finale de Wuji constitue l'ultime transformation du Qi en Shen, autrement dit de l'ouverture de la conscience spirituelle, de calme et de sérénité à un stade supérieur. 

D'ailleurs, en pratiquant, on se rend bien compte que l'état de méditation du Wuji initial est moins fort, moins profond, moins nourrissant que l'état de méditation du Wuji final. C'est là qu'on réalise combien la pratique du Qi Gong, en cultivant notre vitalité contribue à fortifier notre esprit et à améliorer la qualité de nos états de conscience et à développer en nous un sens aigu de plus en plus affûté d'éveil.

Encore plus d'informations sur : https://www.generationqigong.com/