Les Gros cailloux...

18/02/2021

....ou la métaphore des Pierres. Vous connaissez certainement cette histoire, mais prenez le temps de la redécouvrir.

Thème du Cercle de MERLIN du 14 Mars 2021

Un jour, un vieux professeur de l'École nationale d'administration publique (ENAP) fut engagé pour donner une formation sur La planification efficace de son temps à un groupe d'une quinzaine de dirigeants de grosses compagnies nord-américaines. Ce cours constituait l'un des cinq ateliers de leur journée de formation. Le vieux prof n'avait donc qu'une heure pour "passer sa matière ". Debout, devant ce groupe d'élite (qui était prêt à noter tout ce que l'expert allait enseigner), le vieux prof les regarda un par un, lentement, puis leur dit :

  •  "Nous allons réaliser une expérience..."

 De dessous la table qui le séparait de ses élèves, le vieux prof sortit un immense pot de  verre de plus de 4 litres qu'il posa délicatement en face de lui. Ensuite, il sortit environ une douzaine de cailloux a peu près gros comme des balles de tennis et les plaça délicatement, un par un, dans le grand pot

Lorsque le pot fut rempli jusqu'au bord et qu'il fut impossible d'y ajouter un caillou de plus, il leva lentement les yeux vers ses élèves et leur demanda :

  • "Est-ce que ce pot est plein ?".

Tous répondirent : "Oui".

Il attendit quelques secondes et ajouta : 

  • "Vraiment ?". 

Alors, il se pencha de nouveau et sortit de sous la table un récipient rempli de gravier. Avec minutie, il versa ce gravier sur les gros cailloux puis brassa légèrement le pot. Les morceaux de gravier s'infiltrèrent entre les cailloux... jusqu'au fond du pot.

Le vieux prof leva à nouveau les yeux vers son auditoire et redemanda :

  • "Est-ce que ce pot est plein ?". 

Cette fois, ses brillants élèves commençaient à comprendre son manège. L'un d'eux répondit : 

  • "Probablement pas !".
  • "Bien !" répondit le vieux professeur.

Il se pencha de nouveau et cette fois, sortit de sous la table un pot de sable. Avec attention, il versa le sable dans le pot. Le sable alla remplir les espaces entre les gros cailloux et le gravier. Encore une fois, il demanda : 

  • "Est-ce que ce pot est plein ?".

Cette fois, sans hésiter et en chœur, les brillants élèves répondirent :

  • "Non !".
  • "Bien !" répondît le vieux professeur.

Et comme s'y attendaient ses prestigieux élèves, il prit le pichet d'eau qui était sur la table et remplit le pot jusqu'à ras bord. Le vieux prof leva alors les yeux vers son groupe et demanda : 

  • "Quelle grande vérité nous démontre cette expérience? "

Pas fou, le plus audacieux des élèves, songeant au sujet de ce cours, répondît : 

  • "Cela démontre que même lorsque l'on croit que notre agenda est complètement rempli, si on le veut vraiment, on peut y ajouter plus de rendez-vous, plus de choses à faire ".
  • "Non" répondit le vieux professeur. 
  • "Ce n'est pas cela. La grande vérité que nous démontre cette expérience est la suivante: si on ne met pas les gros cailloux en premier dans le pot, on ne pourra jamais les faire entrer tous ensuite". 

Il y eut un profond silence, chacun prenant conscience de l'évidence de ces propos. Le vieux prof leur dit alors : 

  • "Quels sont les gros cailloux dans votre vie ?", "Votre santé ?", "Votre famille ?", "Vos ami(e)s ?", "Réaliser vos rêves ?", "Faire ce que vous aimez ?", "Apprendre ?", "Défendre une cause ?", "Se relaxer ?", "Prendre le temps...?", "Ou... toute autre chose ?"
  • "Ce qu'il faut retenir, c'est l'importance de mettre ses GROS CAILLOUX en premier dans sa vie, sinon on risque de ne pas réussir...sa vie. Si on donne priorité aux peccadilles (le gravier, le sable), on remplira sa vie de peccadilles et on n'aura plus suffisamment de temps précieux à consacrer aux éléments importants de sa vie. Alors, n'oubliez pas de vous poser à vous-même la question :
  • "Quels sont les GROS CAILLOUX dans ma vie ?" Ensuite, mettez-les en premier dans votre pot (vie)"

D'un geste amical de la main, le vieux professeur salua son auditoire et lentement quitta la salle.

Quelle est la morale de cette histoire ?

Dans notre vie nous avons à faire des choix, à prendre des décisions et à gérer nos priorités. Une mauvaise gestion de tous ces éléments peut avoir des conséquences désastreuses et nous amener à passer à côté de ce qui nous importe réellement. Il est donc important de distinguer l'important du futile. 

L'histoire des gros cailloux de la vie est très imagée et fait réfléchir. 

Le gros bocal apporté par le professeur représente votre Vie.

Les gros cailloux sont nos (vraies) priorités c'est-à-dire TOUT ce qui nous permet de vivre en cohérence avec nos valeurs fondamentales... C'est ce qui est essentiel pour notre bien-être, pour notre bonheur. Il s'agit ici par exemple de notre liberté, de notre équilibre de vie, de notre famille, de la nature, de la créativité...

On peut  également regarder nos gros cailloux, non comme des choses ou des activités à caser dans un emploi du temps, mais davantage comme une manière d'être, de communiquer, de vivre. Une autre manière d'aborder nos activités quotidiennes, un autre regard... 

Bien gérer ses priorités est essentiel pour atteindre une vie riche et épanouie. Si nous vivons en cohérence, alors nous consacrons le plus de temps à faire ce qui nous nourrit.

En attendant, comme nous le suggèrent les Maoris, pour tenter d'atteindre notre Essentiel, tournons-nous vers le soleil. Nous laisserons ainsi l'ombre derrière nous.

Pour parfaire notre réflexion, voici le joli conte du GRILLON.

Un Amérindien et son ami, en visite au centre ville de New York, marchaient près de Times Square dans Manhattan. C'était durant l'heure du lunch et les rues étaient bondées de monde. Les autos klaxonnaient de plus belle, les autos taxi faisaient crisser leurs pneus sur les coins de rue, les sirènes hurlaient et les bruits de la ville rendaient presque sourd. Soudain, l'Amérindien dit:

  •  "J'entends un grillon."

Son ami répondit :

  • "Quoi ? Tu dois être fou. Tu ne pourrais jamais entendre un grillon au milieu de tout ce vacarme !"
  • "Non, j'en suis sûr, dit l'Amérindien, j'entends un grillon."
  • "C'est fou !..." dit l'ami.

L'Amérindien écouta attentivement pendant un moment, puis traversa la rue jusqu'à un gros bac en ciment où poussaient quelques arbustes. Il regarda à l'intérieur des arbustes, sous les branches et avec assurance il localisa un petit grillon. Son ami était complètement stupéfait.

  • "C'est incroyable, dit son ami, tu dois avoir des oreilles super-humaines !"
  • "Non, répondit l'Amérindien, mes oreilles ne sont pas différentes des tiennes. Tout ça dépend de ce que tu cherches à entendre."
  • "Mais ça ne se peut pas ! dit l'ami. Je ne pourrais jamais entendre un grillon dans ce bruit."
  • "Oui, c'est vrai, répliqua l'Amérindien. Ça dépend de ce qui est vraiment important pour toi. Tiens, laisse-moi te le démontrer."

Il fouilla dans sa poche, en retira quelques sous et discrètement les jeta sur le trottoir. Et alors, malgré le bruit de la rue bondée de monde retentissant encore dans leurs oreilles, ils remarquèrent que toutes les têtes, jusqu'à une distance de sept mètres d'eux, se tournaient et regardaient pour voir si la monnaie qui tintait sur le pavement était la leur.

  • "Tu vois ce que je veux dire ? demanda l'Amérindien. Tout ça dépend de ce qui est important pour toi !"