Les Chevaux du Vent

07/04/2022

Il était une fois, en Inde, le cheval de Bhagirath, le cheval du roi de Vanarasi. Oh, comment chères toutes et chers tous, vous auriez aimé caresser le cou soyeux d'une créature aussi belle que lui ! Il était beau, de noble prestance, rapide comme une gazelle et gracieux comme un cygne. Une lumière de tendresse brillait dans ses yeux. Son pas était si majestueux qu'il ne pouvait appartenir qu'à un roi. Et son écurie était un véritable palais.

Une lampe à huile parfumée y brillait nuit et jour. Au-dessus de sa tête il y avait une tenture de soie rose parsemé d'étoiles d'or.

Comme vous le savez, Vanarasi était à cette époque un royaume riche et florissant. Et en cela, beaucoup le jalousaient.

C'est ainsi qu'un jour, sept rois s'unirent pour faire marcher leurs armées contre leur fier voisin.

Bhagirath, le Roi de Vanarasi fit alors venir le plus courageux de ses chevaliers pour lui dire par ces mots :

  • Nos ennemis approchent des portes de la ville. Ton roi et ton pays sont en danger. Peux-tu filer combattant et affronter 7 rois ?

Parijat, le fier guerrier, lui répondit :

  • Grand Roi, je pourrais en affronter 100, si vous me permettez de monter votre noble cheval.

Acquiesçant à cette requête, le roi Bhagirath objecta :

  • Prends mon cheval, vole au combat et reviens victorieux ! Ton roi et ton pays placent en toi leur confiance et leurs espoirs.

Alors, monté sur le vaillant cheval, Parijat galopa jusqu'au champ de bataille, et comme une tempête se déchaîne sur un champ de blé, il terrassa la première armée, captura le premier des sept rois et le ramena prisonnier. Puis à nouveau, il livra bataille !

Et vous voyez, comme la première fois, il l'emporta sur la seconde armée et fit le second roi prisonnier.

Puis, sur cela, repartant au combat, la troisième, la quatrième et la cinquième armée à leur tour furent anéanties et leurs rois faits prisonniers.

Mais voila ! Voila que lorsqu'il captura le sixième roi, le cheval fut blessé. Et en arrivant au palais, le cheval s'affaissa.

Parijat enleva doucement son harnais, mais il ne pouvait pas s'attarder, vous comprenez ! Il lui restait encore un roi et une armée à défaire pour sauver le royaume. Alors, on lui amena un autre cheval.

Mais voila !

Voila qu'au moment où il s'apprêtait à enfourcher, le cheval blessé se dit :

  • Parijat va se faire tuer ! Sur un autre cheval il ne pourra jamais vaincre la septième armée et l'ennemi prendra Vanarasi !

Il ouvrit les yeux, appela le Parijat et lui parla d'une voix profonde :

  • Parijat, sois raisonnable. Ne prends pas un autre cheval. Sans moi tu ne pourras pas vaincre la septième armée. Remets moi mon armure ! Ensemble nous remporterons la victoire.

Convaincu par ces mots, Parijat pansa les blessures du courageux cheval, l'enfourcha et regagna le champ de bataille. L'ennemi était nombreux et et combat fut acharné. Quand finalement la septième armée fut vaincue et le septième roi fut capturé. La bataille était terminée.

Dès son retour au palais, le cheval s'écroula.

Et pendant que le roi Bhagirath agenouillé à ses côtés le caressait, un faible murmure s'échappa des lèvres de l'animal :

  • Ne soyez pas triste Majesté, nous avons remporté la victoire et mes blessures ne me font pas souffrir. Promettez moi de ne pas mettre à mort vos prisonniers. Laissez les rentrer chez eux après leur avoir fait jurer de ne plus jamais faire la guerre.

Puis, lorsqu'il eut prononcé ces paroles, le noble cheval perdit connaissance.

C'est là que brisé par la peine, le roi fit venir la guérisseuse. Elle s'agenouilla près du Cheval, joignit ses mains devant son cœur et les frotta l'une contre l'autre comme pour les réchauffer.

D'abord immobiles, à l'écoute, ses mains doucement se mirent à danser autour du Cheval. La lumière qui émanait de ses paumes et du bout de ses doigts effleurait le Cheval. Leur rayonnement massait et réparait ses blessures.

Sa respiration s'amplifiait.... Les battements de son cœur suivaient le rythme des mains. Enveloppé d'un halo de couleurs, le Cheval semblait dormir, un doux sourire flottait sur son visage. Et quand il se réveilla, il était guéri.

Bien entendu, le roi Bhagirath suivit son conseil ! Il fit libérer les sept rois qui, à leur tour tinrent parole.

Et vous voyez chères toutes et chers tous, il n'y eut plus jamais de guerre dans la région.

Plus encore même, les habitantes et les habitants de cette partie du monde vécurent heureux et en Bonne Amitié.

Et c'est ainsi que se termine ce conte.

Alors ?


Alors chères toutes et chers tous, pour que le souvenir des exploits du noble cheval et du courageux chevalier reste vivant et serve d'exemple de courage aux enfants, on appelle "les chevaux du vent", les bannières et les drapeaux de prière, depuis cette époque.

Quand ils sont blancs, ils signifient la longue vie et la pacification des obstacles.

Quand ils sont jaunes, ils signifient l'accroissement des qualités.

Quand ils sont rouges, ils signifient le pouvoir et la force de l'esprit.

Quand ils sont verts, ils signifient l'activité sans entrave, et la protection contre les obstacles.

Et quand ils sont bleus, ils signifient la réalisation ultime de l'esprit qui dissout les peurs.


Voila la légende Bouddhiste des chevaux du vent...



Enseignement de sa Sainteté Tenzin Gyatso - XIVe Dalaï Lama

"Se considérer comme supérieur aux autres, c'est être soi-même son pire ennemi et aller droit à la ruine. 

Le mal, la peur et la souffrance qui règnent dans ce monde ont une même origine : l'attachement au "Moi". Mais l'esprit est en perpétuel devenir. Aussi, peu importe l'intensité de l'émotion perturbatrice : il y a toujours un moyen de changer, la transformation est toujours possible. 

Faire un effort, voilà ce qui vaut réellement la peine.

 Alors, le simple fait de donner ne constitue pas une pratique de générosité, et certains critères doivent être respectés. Il ne faut jamais déprécier la personne qui sollicite votre aide. Il convient au contraire de voir en elle un enseignant qui vous offre la possibilité de développer votre générosité..."