L'enfant de l'Espoir

29/12/2021


Il était une fois, il y a longtemps de cela dans les Himalaya, du coté de la vallée de Chamdo, un enfant du nom de Dampa. 

Dampa, voyez-vous, était un enfant comme les autres dans la cité de Chamdo. Tout comme les autres justement, il jouait avec eux..., s'émerveillait des nuages qui couraient sur les cimes..., riait quand il devait rire..., songeait à son avenir, du moins quand il y pensait. 

Bref, Dampa était un garçon comme les autres, un garçon ordinaire parmi tant d'autres.

Et pourtant, depuis tout petit, Hariti sa mère, l'avait toujours surnommé l'enfant de l'Espoir. Pourquoi ? 

Et bien déjà, car vous le savez, Hariti n'avait qu'un seul et unique enfant ! Et puis, depuis la disparition de son mari dans les hautes montagnes, un sherpa parmi tant d'autres, elle élevait seule Dampa, et y mettait tout son cœur, tout son amour, en son fils unique.  Son enfant était son espoir, pour elle, vous comprenez ? 

Dampa était heureux ! 

Il vivait dans une maison. De sa petite chambre, il pouvait apercevoir un autre univers que le sien, celui de la cité.  Voila comment et pourquoi, tous les soirs, alors que le soleil se couchait sur la montagne derrière la maison, Dampa s'asseyait devant sa fenêtre. Les coudes posés sur ses genoux, depuis qu'il était en âge de comprendre et de regarder le monde avec ses yeux, il contemplait toujours la même chose... Vous allez me dire, qu'est-ce qu'un enfant pouvait bien contempler ainsi chaque soir ? 

Les montagnes au soleil couchant, les nuages dorés par le soleil qui touchaient leur cime, l'espoir d'un lendemain, d'un avenir vermeil et brillant ? Et bien non chères toutes et chers tous, car en vérité, ce que Dampa admirait chaque soir de l'autre coté de la vallée, c'était une maison lumineuse et étincelante, dont les fenêtres semblaient faites d'or, tant les vitres scintillaient au soleil. C'était cette maison là, qui depuis tout petit, l'attirait au plus haut point et exaltait son imagination.

Même, il en rêvait ! Il s'imaginait que derrière ces fenêtres d'or, existait un merveilleux palais.

Il pensait aux nobles habitantes et habitants d'une si riche demeure. Il désirait tellement être là-bas, tellement être avec eux. Tant et si bien, qu'un matin, il décida de faire le chemin vers elle.

Il prit son petit sac, le remplit de quelques victuailles et d'un peu d'eau, et il s'en alla par les chemins de la vallée en quittant les rues de Chamdo. Il voulait voir cette maison de plus près, voyez-vous. Ainsi, avec ses petite jambes, bien décidé, il marcha pendant des heures, descendit la vallée de Chamdo, et traversa toute la vallée.

Au milieu de ce long chemin, il décida de faire une petite pause, pour prendre une collation et boire un peu d'eau. Il avait besoin de se reposer. Toutefois, il avait un peu présumé de ses forces ! Et il se reposa plus longtemps qu'il ne l'aurait pensé. A tel point, que lorsqu'il reprit le chemin, le soleil commençait à décliner derrière lui. Alors, il hâta son pas. Et finalement, après avoir gravi la montagne de l'autre coté de la vallée, il arriva à ses fins, à son but. Il ne lui restait plus qu'une seule petite colline à franchir, et là, enfin, après tant et tant d'années à la regarder, il allait enfin pouvoir de ses yeux, la maison lumineuse et étincelante, celle qu'il contemplait derrière sa fenêtre dans la cité de Chamdo, le palais aux fenêtres d'or.

L'enfant de l'espoir allait enfin rencontrer son rêve.

Mais voila !

Voila que, chères toutes et chers tous, après avoir finalement gravi la colline, Dampa en resta coi. Non pas qu'il resta coi devant les merveilles que ses yeux désiraient voir et contempler, non pas du tout ! Car en vérité, il en resta coi par la grande déception qu'il éprouvait à cet instant là.

Devant lui, alors qu'il s'attendait à trouver un palais aux fenêtres d'or, il réalisait soudain que cette vision n'avait toujours été qu'un rêve !

En réalité, un rêve qui n'existait pas.

Et oui, car vous voyez, ce n'était pas un palais qui était bâti là, mais une simple ferme toute délabrée avec des carreaux cassés. Rien de bien étincelant, rien de bien brillant. Le rêve de Dampa venait de s'écrouler tout bonnement. Les vitres de la ferme n'étaient pas en or ! Elles n'étaient faîtes que de verre, un verre tout simple en réalité. Juste à coté de la vieille ferme, un vieil homme et sa femme demeuraient.

Et bien entendu, quand ils virent ce jeune garçon épuisé, ils l'accueillirent avec beaucoup de gentillesse dans leur modeste maison. C'est là que Dampa leur avoua le pourquoi de son voyage.

Tout en l'écoutant, ils secouèrent la tête en comprenant tout ce que le jeune garçon s'était imaginé, désolés pour lui qu'il soit si déçu par la découverte de la vérité. Puis, c'est après avoir mangé un grand bol de soupe que le petit garçon se coucha et s'endormit dans un grand lit qui sentait bien bon. Et il dormit d'un sommeil profond tant la fatigue de son voyage fut grande pour ses petites jambes.

Le lendemain, bien avant que le soleil ne se leva sur l'horizon, il se réveilla. Entre sommeil et éveil, il lui fallut un peu de temps avant de se souvenir de toute son aventure ! Mais tout lui revint et il se leva aussitôt. Décidé à prendre une grande bouffée d'air frais du matin, il ouvrit alors la petite fenêtre. Le soleil commençait juste à se lever sur l'horizon et il pointait ses premiers rayons.

Et c'est là, là qu'à cet instant, Dampa, l'enfant de l'espoir, fit une découverte extraordinaire !

Une découverte qui le bouleversa au plus profond de son être !

Une découverte qui fait renaître l'espoir en lui.

En fait, alors qu'il regardait au loin au delà de la vallée, soudain, il vit quelque chose qui le laissa émerveillé. Tout là-bas, de l'autre coté, un peu à l'écart de la cité de Chamdo, il y avait une maison !

Et cette maison, vous voyez, était lumineuse et étincelante, et ses fenêtres semblaient faites d'or, tant les vitres scintillaient au soleil. Il en était certain, c'était un merveilleux palais ! Cependant, la surprise de cette découverte passée, un grand l'émoi étreignit son petit cœur. Et oui, car en fait d'un palais merveilleux, à bien y regarder, à y regarder de plus près, Dampa, l'enfant de l'espoir, se rendit compte que ce qu'il voyait n'était pas un palais ! Ce n'était rien d'autre que sa propre maison, de l'autre coté de la vallée, dont les fenêtres luisaient au soleil montant, comme des vitres d'or.

C'est là qu'une pensée de joie le traversa.

Il remercia alors ses hôtes et décida de refaire le chemin vers Chamdo.

Tout comme lors de son premier voyage, il traversa la vallée, se reposa un peu aussi, et finalement, après toute une journée, il arriva chez lui. Le soleil déclinait sur l'horizon et de l'autre coté, sur la montagne, il pouvait voir les fenêtres d'or de la vieille ferme s'illuminer.

Un sourire parut alors sur son visage, et c'est une fois rentré chez lui, que bien inquiète de son absence, Hariti, sa mère, lui demanda :

  • Mais ou étais-tu passé Dampa ? Je me suis fait un sang d'encre pour toi !

Tout heureux, Dampa répondit à sa mère d'un ton rassurant :

  • Ne soit pas inquiète ma mère, j'ai juste entreprit un voyage d'espoir pour aller découvrir un merveilleux palais ! Mais maintenant que je suis revenu chez nous, je sais que ce palais est ici et que la maison aux vitres d'or, est en fait notre propre maison.

Bien sur, Hariti, sa mère, ne comprit pas un mot de ce que lui racontait son fils unique.  Mais à lire la joie et la regard de béatitude de son enfant, elle sut que Dampa était dans un bonheur parfait. Après tout, Dampa n'était-il pas l'enfant de l'Espoir, comprenez-vous ?


Oui..., je crois que vous avez compris !...

C'est dans notre propre maison, notre propre cœur, que nous pouvons faire renaître l'espoir !




Enseignement du Très Vénérable Sakyong Mipham Rinpoché 

"Nous vivons actuellement des temps très difficiles. La tourmente du monde financier ainsi que les craintes liées au changement climatique, l'intensification des tensions politiques et l'augmentation du niveau d'agression sont en train de provoquer une détresse généralisée. C'est ce qu'on appelle un âge sombre dans les enseignements Shambhala. L'obscurité se manifeste par la confusion, la tristesse et l'absence de but. C'est pour une époque comme celle-ci que le Bouddha a donné les enseignements sur la société éveillée au roi Dawa Sangpo, le premier souverain de Shambhala. La vérité de ces enseignements apparaît maintenant très clairement. Pour qu'une société soit réellement harmonieuse, elle ne peut se fonder sur l'avidité et la colère. Si nous comprenons cela, nous pouvons voir que ce qui se passe autour de nous est causé littéralement par l'absence de la vision Shambhala. Cette vision est le point de départ de l'inspiration et de l'élévation de notre esprit et de l'accroissement de notre énergie vitale. C'est pourquoi je vous demande à tous de vous montrer à la hauteur de ces circonstances. 

  1. Premièrement, prenez à cœur ces enseignements précieux et pratiquez-les. Ceci inclut la pratique quotidienne d'une courte session de méditation pour stabiliser votre esprit et générer la compassion. Contemplez votre lien karmique inébranlable avec la lignée Shambhala et contemplez votre nature en tant que Rigden profond et brillant.
  2. Deuxièmement, prenez la peur pour ce qu'elle est : un manque de confiance dans votre être authentique, cette nature qui irradie naturellement la compassion et la bienveillance. Placez-vous dans la perspective de ce qui est le plus important pour cette vie et les vies futures : devenir plus forte et plus fort, et atteindre un niveau de réalisation plus élevé, pour pouvoir aider les autres. Prenez soin de vous, mais ne vous cachez pas derrière la fausse sécurité de l'autoprotection. Depuis le sol de la bonté fondamentale, ouvrez votre coeur et servez les autres. 
  3. Troisièmement, soyez généreux. Ce n'est pas le moment de vous renfermer ou de vous retenir mais plutôt de donner, depuis la source naturelle de la générosité. Soyez généreux envers ceux que vous aimez, mais aussi envers ceux que vous seriez tentés de critiquer ou que vous n'aimez pas. Soyez généreux également à l'intérieur de notre mandala, qui a besoin plus que jamais de votre soutien pour proclamer Shambhala. Pratiquer, servir et donner : telle est la voie du guerrier bodhisattva. Elle est à la fois transcendante et terre-à-terre. 

En orientant ainsi notre esprit, nous créons un environnement durable. La richesse ainsi engendrée est inépuisable. Je vous aime et je suis avec vous dans cette voie d'or sur laquelle nous avançons ensemble...