Le fleuve sacré

09/02/2022

Il était une fois trois hommes, trois amis, qui cheminaient à travers le désert du Sinaï.

Le premier qui s'appelait Sekou, était un fier guerrier qui portait à son flanc un grand sabre. Le second qui se prénommait Akram, était un archer émérite qui emportait avec lui un arc légendaire et des flèches dans son carquois. Le troisième qui se nommait Khoubeb, était juste un homme humble parmi les humbles et il portait autour de sa tête un long turban de couleur blanche.

Cela faisait des jours et des lunes que les trois hommes marchaient...

En vérité, ils étaient bien déterminés à atteindre le Nil afin de le traverser. Or, c'est après tous ces jours et ces lunes de marche harassante sous le soleil et dans le froid, qu'ils finirent par arriver devant le fleuve sacré.

Bien entendu, alors qu'ils s'apprêtaient à traverser, ils furent bien surpris par la largeur de ce dernier, voyez-vous.... Et oui, car la question se posait pour eux de savoir comment ils allaient traverser. La rive de l'autre étant fort éloignée, vous comprenez ?

Tout encore étonné de la largeur du Nil, Khoubeb demanda à ses compagnons :

  • Comment allons-nous franchir le fleuve ? il est bien trop large pour nager d'une rive à l'autre !

C'est là qu'après avoir longuement réfléchi à cette question, Sekou, le fier guerrier, objecta avec force :

  • Que chacun d'entre nous fasse de son mieux !

Tout en sortant alors son sabre du fourreau, il ajouta tout autant déterminé :

  • Retrouvons-nous sur l'autre rive.

Et à ces mots, il s'approcha alors de l'eau, leva son bras et frappa le fleuve avec son sabre.

Les eaux alors s'entrouvrirent !

Et c'est ainsi que Sekou, le fier guerrier, traversa tandis que le passage se refermait derrière lui. Arrivé sur la rive opposée, il se retourna et interpella ses compagnons :

  • Faites comme moi !

Sur ces bonnes paroles, Akram, l'archer émérite, prit son arc, sortit une flèche de son carquois, et visa un arbre mort de l'autre coté du Nil. Décochant alors sa flèche avec force, cette dernière alla se planter dans l'arbre du premier coup. Ceci fait, il tira rapidement toutes celles que contenait son carquois. Les flèches s'enfilèrent alors les unes dans les autres et finirent par constituer un fragile pont au-dessus du fleuve. Et c'est ainsi qu'Akram, l'archer émérite, l'emprunta et traversa à son tour.

Finalement arrivé sur la rive opposée, il se retourna et interpella Khoubeb qui était resté de l'autre coté :

  • Fait comme moi !

Suivant alors ce précieux conseil, Khoubeb, le juste, déroula lentement son turban. Puis, après avoir fait un nœud coulant, il le lança vers l'autre rive. Volant dans les airs avec célérité, le turban alla s'accrocher à une branche de l'arbre mort sur la rive opposée. Et c'est ainsi que Khoubeb, le juste, s'y suspendit et traversa à son tour.

Et voila comment, finalement, Sekou, Akram, et Khoubeb, furent de nouveau réunis.

Ils échangèrent alors un sourire sans rien dire avant de poursuivre leur route. Et c'est ainsi que se termine ce conte.


Alors ?


Alors chères toutes et chers tous, la vie n'est-elle pas un fleuve que chacun traverse à sa manière, à sa façon ?

Le fleuve sacré..., vous comprenez ???


Enseignement de sa Sainteté Tenzin Gyatso - XIV Dalaï-Lama

"L'interdépendance est une loi fondamentale de la nature. Il ne s'agit pas seulement des formes de vie les plus évoluées, mais même les insectes les plus petits sont des êtres sociaux qui, sans la moindre religion, loi ou éducation, survivent grâce à une coopération mutuelle fondée sur une reconnaissance innée de leur interrelation. Le niveau le plus subtil des phénomènes matériels est lui aussi régi par l'interdépendance. Tous les phénomènes, de la planète où nous habitons jusqu'aux océans, aux nuages, aux forêts et aux fleurs qui nous entourent, surviennent dans la dépendance de modèles subtils d'énergie. Sans leur interaction propre, ils se dissolvent et s'altèrent. C'est parce que notre propre existence humaine dépend tellement de l'aide des autres que notre besoin d'amour est le fondement même de notre existence. En conséquence, un authentique sens de responsabilité et le souci sincère du bien-être des autres nous sont nécessaires..."