Le Cadeau Merveilleux

12/03/2022

Il était une fois, dans le petit royaume de Kapilavastu, Siddhartha Gautama qui mendiait sa nourriture. Ainsi quémandant son riz sur le chemin, il allait arriver dans le village de Lumbini où vivaient nombre de ses fidèles qui lui témoignaient une grande affection.

Cependant, juste avant qu'il ne parvienne à la première maison, il croisa quelques personnes, qui aussitôt qu'elles l'aperçurent, se mirent à le critiquer vivement et ouvertement.

Quelque peu surpris de cet accueil, il s'arrêta, s'assit sur un rocher et leur dit :

  • Quel contentement obtenez-vous à me critiquer ainsi ?

A ses mots, sans lui donner raison aucune, faisant preuve d'une plus vive diatribe, ils redoublèrent leurs efforts à le juger avec moquerie. Restant impassible devant leur hargne et leurs gestes déplacés, Siddhartha attendit que le calme revienne pour leur dire :

  • En vérité, sachez que vous pouvez poursuivre aussi longtemps qu'il vous plaira !

Alors, ils critiquèrent et critiquèrent plus encore, jusqu'au moment où, fatigués de leurs propres invectives, ils décidèrent finalement d'arrêter. C'est là, à ce moment, où ils décidèrent de le laisser et partir, que Siddhartha Gautama, d'une voix emplie de sérénité et de quiétude ajouta :

  • Attendez ! Avant que vous ne partiez, je veux vous dire une vérité.

Freinés par une force qu'ils ne pouvaient eux mêmes expliquer, les gens peu scrupuleux s'arrêtèrent dans leur élan. Siddhartha Gautama, le regard empli d'empathie et de compassion, montra de son doigt le village et poursuivit :

  • Je souhaite que vous sachiez que, dans ce village où je me rends, les gens m'aiment autant que je les aime. Si par grand malheur, ils apprenaient que vous m'aviez critiqué de manière aussi vile, ils vous tailleraient en pièces. C'est pour cela, pour vous sauver de ce danger, que je suis resté assis ici sur ce rocher et que je vous ai permis de me critiquer. En cela, je viens de vous faire un merveilleux cadeau.

Un peu désabusé par ces paroles, l'un d'eux demanda :

  • Tu nous as fait un merveilleux cadeau ! Mais quel est ce cadeau dont tu nous parles ?

Siddhartha esquissa un sourire.

  • Voyez vous, d'ordinaire, quand nous voulons donner de la joie aux personnes, nous devons dépenser beaucoup d'argent et faire toutes sortes de préparatifs. Cependant, sans aucun effort, sans dépenser le moindre centime. Je vous ai aujourd'hui permis de vous réjouir en me critiquant. Et puisque vous semblez retirer tant de joie des critiques que vous m'avez adressé, je suis donc responsable de cette dernière ! C'est ainsi que sans en avoir l'intention, nous donnons de la satisfaction à beaucoup de personnes, vous voyez ! Alors, au lieu d'être malheureux à cause de vos critiques, bien au contraire, j'en suis vraiment heureux, parce qu'à ce moment, j'ai pu vous donner du bonheur.

Laissant s'appesantir un silence, il poursuivit :

  • Supposons qu'un mendiant frappe à votre porte pour demander l'aumône et que vous lui apportez de la nourriture. Supposons aussi que cette nourriture n'est pas le genre d'aumône qu'il attend. Et enfin, admettons qu'il ne l'accepte pas. Que ferez-vous, que répondrez vous ?

Tous se regardèrent avec interrogation, et Siddhartha leva le voile :

  • Vous répondrez : si tu ne veux pas ce que je te donne, alors je le reprends et le garde pour moi. De même, lorsque vous m'offrez vos critiques, c'est une aumône que vous me faites. Vous pensez sûrement que j'ai besoin de votre avis et me l'offrez gratuitement, mais Je ne l'accepte pas. Alors, à qui va-t-il ? Et bien, il vous est retourné, il vous reste et vous appartient. Vous voyez, en vérité, vous ne m'avez pas critiqué ! Vous vous êtes critiqués vous-mêmes, seulement vous mêmes !


Et c'est ainsi que se termine ce conte....

Alors ?

Alors chères toutes et chers tous, si nous critiquons ou dénigrons quelqu'un de mauvaise manière, et si cette personne n'accepte pas nos mauvaises critiques, elles nous reviendront inévitablement vous comprenez ?

De plus, c'est une satisfaction bien mesquine de penser que nous pouvons critiquer et ainsi causer des ennuis aux autres par haine, jalousie, envie, méchanceté. Et oui, car la jalousie créait des difficultés à celle ou celui qui en est infecté et elle le fera de maintes et maintes façons, vous voyez.

Quand à nous, si nous regardons vraiment au fond de notre cœur, en ayant cette attitude, en vérité nous ne causerons d'ennuis à personne, sinon à nous-mêmes...



Enseignement du Vénérable Nelson Mandela

Nous ne craignons pas tant notre incompétence que notre incommensurable puissance.  C'est la luminosité de notre âme, et non ses ténèbres, qui nous effraie le plus. 

Nous nous demandons : 

  • Pourquoi serais-je, moi, un être brillant, magnifique, talentueux, formidable ?

 En réalité, pourquoi ne le seriez-vous PAS ? Votre manque de grandeur ne sert pas le Monde. Il n'y a aucune noblesse à rester médiocre pour rassurer les autres. La grandeur n'est pas l'apanage de quelques élus, car elle se trouve en chacun de nous. 

Lorsque nous laissons notre âme répandre sa lumière, nous permettons inconsciemment aux autres de révéler la leur. Lorsque nous nous affranchissons de notre propre peur, notre présence libère automatiquement les autres...