Honorer ses défunts dans le monde

07/09/2022

Cette fête pour honorer ses défunts, ancêtres... ses racines, existe dans le monde entier sous différentes formes . Découvrez quelques une des ces célébrations.


Le Cercle de MERLIN du 13 Novembre est : Nouvelle année celtique Samhain, Samonios qui nous permettra de parler de cette période particulière.

En chine, c'est la fête de Qingming qui tombe le 4 ou 5 avril de chaque année, quinze jours exactement après l'équinoxe de printemps. Depuis 1935, Qingming Jie a été décrété Journée nationale de nettoyage des tombes et le cimetière des ancêtres. Ces visites sont l'occasion pour la famille et les descendants de nettoyer les tombes, et de faire des offrandes de nourriture froide, de thé, de vin, de papier-monnaie ou encore de libations aux ancêtres. Certaines familles choisissent d'apporter des fleurs au lieu de brûler encens et papiers parfumés pour parfumer les tombes.

Au Népal, c'est la fête Gai Jatra qui est célébrée dans la vallée de Katmandou, en commémoration des êtres chers morts au cours de l'année. Les familles des défunts envoient des personnes déguisées en vache parader dans les rues. Ce festival tombe en juillet, ou en août. Gai Jatra constitue l'occasion de se souvenir de ceux qui ont quitté ce monde et d'alléger la douleur. Dans l'hindouisme, la vache représente la déité de l'opulence. En ce jour, on partage le chagrin et l'on se rassure, sachant que l'âme des défunts a trouvé la paix. 

En Corée, c'est la fête de Chuseok, qui signifie « la nuit d'automne qui a le meilleur clair de lune ». C'est est une fête lunaire, donc la date de cet événement change chaque année en fonction du ciel astral (en 2022 ce sera le 10 septembre). Chuseok, la fête des moissons, permet aux Coréens de remercier la nature pour ses récoltes abondantes, mais aussi d'honorer ses ancêtres. Le plus commun de ces rites ancestraux est Charye : le dressage de la table, afin d'offrir le repas aux défunts. Également, à la fin du repas, on présente ses respects aux ancêtres par deux inclinaisons profondes suivies d'une plus légère. Durant Chuseok, les famillesrendent visite aux tombes de leurs ancêtres. Ce devoir familial est appelé seongmyo. Une fois sur place, les membres de la famille vont nettoyer la tombe avant de s'incliner respectueusement. 

Au Mexique, c'est la fête El Dia de los Muertos. Cette fête des Morts se déroule entre le 31 octobre et le 2 novembre, mais elle peut durer plus longtemps encore dans certaines communautés indigènes. Pour les Mexicains la mort éclate dans toute sa splendeur ! El Día de los Muertos est célébrée pour accueillir les âmes qui rendent visite à leurs proches et reviennent sur Terre durant cette période. Les familles érigent des autels décorés et parés d'offrandes pour la visite de leur proche défunt. Ils présentent plusieurs niveaux rappelant la Terre, le ciel et l'inframonde. 

En Guadeloupe, c'est la fête des lucioles, ou fête des clindindins (en créole, insectes nocturnes et lumineux des tropiques qui enchantent les enfants à la nuit tombée). Cela commence par un nettoyage en règle des tombes, éventuellement le rafraîchissement des peintures. Des milliers de bougies sont allumées sur toutes les tombes avec pour symbolique forte de représenter la vie. Les cimetières, pour toute la nuit, sont un superbe lieu de lumière au cœur des ténèbres. Un climat de paix s'instaure autour du devoir de chacun de fêter les disparus. Les gens se parlent encore plus facilement qu'à l'ordinaire, ils s'invitent à partager quelques mets près de la tombe, s'offrent à boire, évoquent l'an tan lontan (le temps jadis), et passent une bonne partie de la nuit à se raconter des souvenirs, à évoquer la vie des disparus. Puis à rire pour un bon mot, une anecdote savoureuse ou croustillante. Comme partout, le fil des heures traverse tous les sentiments : recueillement, souvenir, émotions, larmes, confidences, déclamation, éclats de voix, rires et emportements. La vie passe, la vie est passée, la vie continue.  

En Haïti, c'est la fête des Guédés, qui sont les esprits de la mort dans le vaudou vus comme des psychopompes, car ils ont pour rôle de mener les morts vers l'autre vie, est célébrée les 1er et 2 novembre. La fête des Guédés caractérise un temps de célébrations des dieux, un temps d'hommage aux morts et surtout celui d'un relâchement des mépris face aux pratiques traditionnelles. D'un côté, les catholiques envahissent le cimetière pour honorer la mémoire de leurs défunts, participer à la messe traditionnelle dite dans la chapelle Notre-Dame des Sept Douleurs (située dans le cimetière même), nettoyer des tombes, déposer des fleurs, brûler de l'encens... De l'autre côté, les vaudouisants se retrouvent autour de Baron Samedi (le premier homme enterré au cimetière) avec leur cierge allumé tout en disant des prières aux ancêtres, exposant leurs peines et leurs difficultés quotidiennes. Après ces prières de lamentations, ils déposent un cigare, une tasse de café, une bouteille de cola souvent de couleur rouge, une bouteille de rhum Barbancourt, un morceau de pain et du maïs grillé pour leurs aïeux.

En Sicile, c'est la fiesta dei Morti. Dans la nuit du 1er au 2 novembre, c'est une fête unique qui relie des desserts typiques, des jeux et jouets pour les enfants, mais aussi des évènements et des visites aux défunts. Quel que soit le cadeau offert, la tradition veut que les bonbons et les jouets soient bien cachés autour de la maison et que, le matin du 2 Novembre, les enfants participent à une véritable chasse au trésor. Une fois que les cadeaux ont été trouvés, les enfants sont informés qu'ils ont été emmenés dans la nuit par les membres de la famille décédés qui sont venus leur rendre visite. En plus de représenter un moment très joyeux pour les petits, cette tradition représente un outil pour garder en vie le souvenir des proches disparus, ainsi que l'occasion de faire face au thème de la mort d'un façon sereine. La journée se poursuit avec une visite au cimetière où reposent leurs proches. 

Au Salvador, en Amérique du Sud, c'est la fête de la Calabiuza. Cette fête des morts était déjà célébrée par les populations locales avant l'arrivée des Espagnols en Amérique. À cette occasion, les enfants se maquillent et se déguisent avec des costumes faits à la main, se peignent le visage en noir et blanc pour ressembler à des squelettes. puis défilent dans les rues de la ville en poussant des cris terrifiants. 

Dans les Philippines, c'est la fête Anaw ng mga Patay, la fête au cimetière ! A travers tout le pays, les cimetières sont pleins, pleins de rires, de musique, de bonnes choses à manger, de jeux, bref, pleins de gens bien vivants. Respecter les morts, c'est s'amuser... et manger. On s'installe près des tombes, ou carrément dessus, on sort les chips, les bougies, les fleurs et les nouilles, on fume, on joue aux cartes. 

En Bolivie, c'est la fiesta de las Ñatitas. En novembre, du premier au deux, dans les foyers catholiques, on attend la venue des « âmes » des défunts, avec la croyance qu'elles séjournent pendant vingt-quatre heures sous le toit de la famille et reçoivent les offrandes que les membres de celle-ci ont préparées avec amour à leur intention. Une semaine plus tard, le huit, le cimetière de La Paz accueille une multitude de dévots aux ñatitas : des milliers de personnes accourent à la chapelle du Camposanto accompagnés de crânes humains qu'ils décorent de fleurs, coiffent de casquettes ou de chapeaux, affublent de lunettes. Ce sont les « ñatitas », littéralement « nez tronqués », objet de dévotion depuis des lustres. Les croyants les considèrent comme des protectrices de leur foyer et pensent même qu'elles sont à l'origine de nombreux miracles. De plus en plus de familles accueillent ainsi une ñatita chez eux, la baptisent, la décorent, prient et confectionnent un autel où ils brûlent des cierges en permanence, lui offrent des feuilles de coca, des cigarettes. Le huit novembre de chaque année, ils emmènent leur ñatita à la messe pour qu'elle reçoive la bénédiction du curé. Ce jour-là, l'église est remplie de gens qui portent des crânes sur des plateaux ou dans des boîtes en verre, en bois ou autre. Les dévots assurent que les ñatitas les protègent et les préservent du malheur : c'est pour cela qu'ils les traitent avec autant d'amour et de respect. Certains leur attribuent des miracles, tels que des guérisons.

Au Japon, c'est la fête O-Bon. Ce festival annuel du O-bon marque le retour des ancêtres décédés sur Terre. Les croyances sur les liens entre les vivants et les morts trouvent leurs origines dans l'Antiquité. Cependant, la plupart des spécialistes s'accordent à dire que cette célébration est basée sur le sutra bouddhiste Urabon-kyō. Fidèles au Sutra, les familles japonaises retournent dans leurs foyers du 13 au 15 août (ou juillet dans certaines régions) pour effectuer une série de rituels et de célébrations. Il s'agit à la fois d'honorer les morts et de libérer les esprits inquiets, comme les fantômes affamés, de leurs souffrances. Les célébrations durent trois jours et débutent traditionnellement avec mukaebi, c'est-à-dire l'allumage des feux et des lanternes pour guider les esprits vers leurs maisons, la plupart des familles érigent deux shōryō-dana, des autels de fruits, d'encens et de fleurs : un pour leurs propres ancêtres et un second pour tous les esprits qui n'auraient pas atteint la paix. D'autres rituels assez répandus comprennent le ohakamairi, le nettoyage et la décoration des tombes ancestrales, les services de prières dans les temples, et la préparation de repas spéciaux.

Au Cambodge, c'est la fête Pchum Ben dans la religion bouddhiste theravāda khmère. Cette coutume remonterait à l'antiquité, alors que les Cambodgiens convertis au Brahmanisme pensaient qu'après la mort, l'Âtman, l'âme de chacun, errait à travers le cycle de l'océan et se réincarnait. De nos jours, les Cambodgiens croient que, même si la plupart des créatures terrestres se réincarnent à leur mort, certaines âmes, en raison de leur mauvais Karma restent prisonnières des esprits. Pendant Pchum Ben les familles se recueillent et prient donc pour réduire l'influence du mauvais Karma de leurs ancêtres. Les cérémonies durent deux semaines durant lesquelles les âmes errantes sont libérées du monde des esprits. Elles se déroulent pendant le cycle lunaire décroissant du mois durant lequel le ciel est obscurci par les nuages de la mousson. Pchum Ben est une cérémonie traditionnelle aussi censée rappeler aux jeunes qu'il faut se souvenir et respecter les ancêtres. Les personnes âgées déclarent toujours aux enfants à cette occasion :

« Ce que vous avez à la maison est plus puissant que le dieu de la pagode. Qui sont les dieux dans votre maison ? Ce sont vos parents parce qu'ils donnent la vie, et prennent soin des enfants »

A Madagascar, c'est Famadihana. Début juin à fin septembre, de village en village, les tombeaux sont ouverts et les vivants font danser leurs morts lors de grandes fêtes. Improprement appelé "retournement des morts", le Famadihana d'un ancêtre est organisé au minimum tous les cinq ans. Le jour convenu, les tombeaux sont ouverts, les ancêtres sont enroulés dans des nattes neuves. Les hommes les sortent du tombeau. Aussitôt, la foule des parents et amis s'empare des corps et les emporte dans une danse très rapide. La danse cesse. Les corps sont posés sur le sol et entourés par les membres de la proche famille. Les parents offrent à chaque ancêtre un suaire neuf. On glisse dans les linceuls une bouteille de rhum, une photo, des billets de banque. Ce sont les cadeaux des vivants à leurs morts. Rires et larmes, joie et tristesse se mêlent. Moment de recueillement : des mains se posent et exercent de légères pressions sur les corps emmaillotés de lambamena neufs. On touche les ancêtres, pour leur " faire un câlin ", ou leur demander aide ou conseil en une secrète prière. Soudain, chaque groupe se redresse, les corps sont brandis à bout de bras par des dizaines de personnes, puis sont jetés en l'air, secoués, emportés dans une farandole effrénée. Les danseurs font plusieurs fois le tour du tombeau puis les ancêtres rentrent pour cinq nouvelles années de solitude dans la demeure éternelle. La journée est ponctuée de spectacles de hira gasy. Elle s'achève encore une fois par un festin et une fête où les villageois dansent toute la nuit autour des orchestres vako-drazana.

En France, Belgique, Luxembourg, Italie, Espagne, Autriche, Portugal, Pologne..., c'est la fête des Morts, célébrée le 2 novembre, le jour des morts suit directement la Toussaint. C'est l'occasion pour le monde catholique d'aller fleurir les tombes de leurs proches. C'est au XIe siècle, à l'abbaye de Cluny, que fut instituée la fête des morts. Il s'agissait d'une cérémonie collective destinée à favoriser le repos des défunts. Car leur disparition ne les avait pas écartés de la communauté des vivants : au Moyen Age, les solidarités d'homme à homme étaient ainsi tissées, solides et durables, entre l'Ici-bas et l'Au-delà. Cette fête commémore tous les fidèles défunts supposés endurer les tourments du purgatoire, leur âme étant restée coupable de péchés mineurs à l'heure de leur mort. Selon la doctrine catholique qui maintient contre le protestantisme l'efficacité de l'intercession, les prières des croyants restés sur Terre aideraient à purifier l'âme des défunts pour qu'ils accèdent au paradis. Prolongeant cette tradition, la coutume, observée par les membres d'une famille, de se réunir et se recueillir en ce jour autour de la tombe de leurs morts, de la laver et de la fleurir, spécialement en France, de chrysanthèmes est devenue, à l'époque contemporaine, l'une des rares manifestations publiques attestant d'un culte des morts en Occident.