Dame Wouivre

Gardienne des forces de la Terre, un symbole universel

Dimanche 14 Février 2021    

de 9h30' à 11h30'

Participation : 2€ minimum, et toute autre contribution sera reçue avec Gratitude ! 

Dans "Le Pape des Escargots" d'Henri Vincenot, le héros La Gazette, se déplace en suivant les chemins de la Wouivre, les chemins qui serpentent dans les campagnes. Ce que font traditionnellement tous les pèlerins. Les cannes des paysans de nos campagnes, souvent décorées d'une Wouivre, témoignent d'une ancienne connaissance qui a traversé les siècles : le serpent / le dragon, est symbole de sagesse et de guérison.

Dame Wouivre représente les courants d'énergie tellurique qui innervent la Terre considérée comme vivante. Sur les hauts lieux, son énergie rejoint l'énergie cosmique. C'est pourquoi à ces endroits se succèdent depuis des millénaires les cultes, celtes, gaulois, romains et chrétiens et beaucoup de sources sont dites «guérisseuses » parce qu'elles sont chargées de l'énergie de la Wouivre du lieu.

De par son mouvement ondulatoire et sa forme, elle représente la force vitale. Orthographié «Wouivre », le "W" marque bien, par sa sonorité autant que par sa graphie, le mouvement du serpent, son ondulation, la vibration.

Elle me rappelle une légende chinoise très ancienne de la création du Taiji Quan : un grand sage taoïste, un immortel ayant pratiqué des arts martiaux externes de Shaolin, vivant sur le célèbre mont Wudang, assista à un combat entre un serpent et un oiseau. L'oiseau fonce sur le serpent, l'attaque en piqué, lui donne des coups de becs, cherche à le blesser avec ses griffes acérées, s'envole et replonge frénétiquement. Le serpent, quant à lui, est alerte, observateur, il ondule pour éviter les attaques, réalise des mouvements en spirale. Le combat dura très longtemps sans qu'aucun des deux animaux ne prenne l'avantage.

L'Oiseau et le Serpent enseignèrent ainsi au grand sage, les secrets du Tao, secrets qu'ils connaissaient de façon innée. Ainsi fut créer un art martial vraiment différent, qui n'utilise pas la puissance musculaire comme source première du mouvement, mais l'énergie interne, le Chi. Un art qui assoit ses fondements sur la vérité que « l'abandon surmonte l'agression » et la «douceur maîtrise la dureté »...  On retrouve ainsi ces notions dans la pratique du Taiji Qan de Maître Yang Zhenduo et du Qi Gong des huit Dragons de Pierre.

C'est aux hasards de la Wouivre que se font les rencontres et que se tissent des liens profonds.

Lors de ce cercle de MERLIN, je vous propose de tisser à notre manière quelques liens avec cette force étonnante et puissante par une initiation à la pratique du Qi Gong des 8 Dragons de Pierre. Ce Qi Gong chamanique utilise deux pierres que l'on garde dans le creux de la main, l'une claire, l'autre foncée (Yang Yin). Il développe l'énergie et la relaxation profonde. Il assouplit les méridiens tendino-musculaires (muscles, tendons, circuits énergétiques).

Les mouvements sont gracieux et évoquent les enroulements d'un Dragon, de la Wouivre/Dragon.

Extrait... « le Pape des escargots » d'Henri Vincenot (page 116)

Le premier quartier de la lune rousse provoquait chez la Gazette une très grande agitation. Quelques jours avant la lunaison, où qu'il fût, il se mettait en route... Il gagnait ainsi Saint-Germain-Source-Seine. Son itinéraire paraissait bizarre mais lui, décidé, suivait sans hésiter un chemin jalonné de mystérieuses connivences... La Gazette continuait par les hauteurs d'Aubigny, saluait les tumulus de Civry, buvait aux sources de la Vandenesse, et longeait les à-pics de Baume, dont le soleil du matin sculptait les crevasses et, de là, gagnait Maconge.

Un géographe pouvait voir qu'il longeait ainsi, du haut des belvédères, la ligne de faite qui partage les eaux entre Seine , Loire et Rhône. En réalité, et si l'on y regarde de plus près, on peut voir qu'il suivait à peu près la grande faille qui coupe la région en deux et gagne le vieux Morvan. Les savants d'aujourd'hui l'appellent la faille du Mâlain. Lui y voyait la tête de la grande Vouivre, ce serpent par lequel les Celtes personnifiait les courants mystérieux. Pas à pas, il en suivait les méandres, jalonnés par les hauts lieux druidiques... A Maconge, il était au comble de l'excitation, car, après avoir passé le canal de Bourgogne, il butait sur les travaux de l'autoroute. Là, il se signait, et piquait une grande colère, s'emportant contre cette foutue saignée :

  • Assez de mal qu'on a eu ici, lui disait le contremaître
  • Vous ne m'étonnez pas mes jolis ! Et pourquoi avez-vous eu tant de mal, pourriez-vous me le dire ?
  • On a rencontré un affleurement d'arkose (grès très résistant) qui a cassé nos forets !
  • Pardi ! Hurlait le vieux, c'était le dos de la Vouivre ! Et vous appelez ça de l'arkose ? Vous avez blessé le dos de la grande Vouivre ! La carapace de la vouivre ! Vous avez arraché les écailles qu'elle se fait en retournant dans sa caverne !

A la nuit, il arrivait à Maconge, montait au calvaire reposoir, où il voyait encore un dolmen :

  • Salut Maconge, toit du monde celtique ! Maître des toits versants ! Centre sacré du triangle des eaux ! Tête de la Vouivre, source d'éternelle jeunesse !...

Le lendemain, aux mêmes heures du crépuscule, on le trouvait, plus vert que jamais, trogne rouge et chanson aux lèvres, au Mont-Saint-Vincent, aux confins du Charolais, à cheval sur les vallées de la Guize et de l'Arconce, puis le lendemain à la butte de Suin et la nuit suivante sur la montagne de Saint-Cyr...

Moins d'une semaine plus tard, on le voyait au signal druidique d'Uchon, à la chapelle de la Certenue en forêt de Planoise, et par la cascade e Bris-Cou, il tombait sur les premières maisons d'Autun.

  • Salut chanoine ! Dit-il à l'abbé Robelot
  • Salut pape des escargots !
  • Je reviens de mon grand périple de la lune rousse, je suis plein de force ! Je te parle des forces psychiques : celles que donnent les courants telluriques, la grande Vouivre... quand on sait les capter aux sources...

Le chanoine riait jusqu'à pituite...

  • Que voilà donc un sage qui sait profiter des bienfaits de la terre, notre mère à tous !
  • Tu peux rire chanoine... c'est affaire d'initié ! ...